Folclore de La Alpujarra

Música tradicional

Alpujarra - Secrète Andalousie

El disco grabado por Jean-Christian Spahni en La Alpujarra

Durante sus estancias en La Alpujarra, Jean Christian Spahni grabó diversas piezas del folclore musical alpujarreño con un magnetofón. Muchos de estos registros se emitieron en programas de Radio Ginebra y algunos desde la emisora Radio Órgiva en la propia Alpujarra. A partir de estas grabaciones recopiladas en la comarca, Spahni elaboró un disco monoaural microsurco de 25 cm y 33⅓ rpm, con una duración de veintiocho minutos, que fue publicado en París por la discográfica Le Chant du Monde bajo la referencia comercial LD-S 8258 en 1960.

Desde que publicamos en Recuerdos de Cástaras las páginas de homenaje al etnólogo suizo en 2011, queríamos incluir en esta web la grabación, debido a su interés etnológico como primer testimonio sonoro publicado sobre la tradición musical de nuestra tierra. Resultó complicado conseguir el disco, pero finalmente lo logramos y estamos en condiciones de ofrecerlo, contribuyendo así al conocimiento, conservación y estudio de la música tradicional de La Alpujarra y rematando nuestro homenaje a Jean-Christian Spahni.

En la información anexa al disco, reproducida más abajo, Spahni no indica ni personas que intervinieron en las grabaciones ni los lugares donde se llevaron a cabo. Tenemos noticias de que grabó en Órgiva, Trevélez, Cástaras, Murtas y cortijos de la Contraviesa. Parece que en Cástaras grabó un pregón de Juan el Municipal y algunos cantos de muchachas.

Entre las grabaciones incluidas en el disco, nos llama especialmente la atención la cencerrada que va en la tercera pista de la cara A, por ser muestra de una costumbre muy inveterada en los pueblos alpujarreños, en la actualidad totalmente decaída. De las dos piezas del tercer corte de la cara B, que Spahni titula Réjouissances paysannes (Parranda cortijera), recordamos la melodía de la primera, nombrada «La matanza», como muy común en Cástaras y muy conocida en toda España bajo el título «Adiós con el corazón», pero sin relación alguna con las fiestas de la mantanza, las cuales eran de carácter gastronómico y transcurrían normalmente sin música. La que sigue, Lorsqu'on foule le raisin (Cuado se pisan uvas), no deja de ser una forma más de trovo, manifestación poco o nada habitual en los núcleos de Cástaras, aunque sí en los cortijos de la Contraviesa influenciados desde Murtas y Albondón por estar situados en la zona de prevalencia de esta expresión folclórica tradicional bajoalpujarreña. Las muestras de trovo son las que más espacio ocupan en el disco: casi nueve minutos en la cara A y algo más de un minuto en en el corte antes citado de la cara B. Canciones de corro y otras infantiles también tienen representación en la grabación, así como dos villancicos. La titulada «Adiós Trevélez» es un remerino[*] cantado también en otros pueblos —por ejemplo Cádiar— con la misma música y distinta letra. El estilo de estas canciones es muy similar al de otras que se cantaban en Cástaras. El disco finaliza con una pieza que Spani titula Chanson. Es también un conocido remerino cantado en muchos pueblos de La Alpujarra: Cádiar, Murtas, Lobras... con la misma o parecida melodía. Las estrofas, como viene siendo habitual en muchas de estas canciones alpujarreñas, son seguidillas. Aunque es habitual que el tema tratado en sean las prácticas fraudulentas en un molino y adúlteras de la molinera con pasividad o consentimiento del marido molinero, en este caso la letra tiene un carácter más lírico y delicado. Creemos que en Murtas se cantaba así y que allí se habría llevado a cabo la grabación.

Estos elementos folclóricos, tan familiares para nosotros, parecerían ciertamente sorprendentes a los oídos extranjeros, destinatarios de la grabación original, contribuyendo a configurar la imagen tópica, mezcla de romanticismo, orientalismo, tipismo y primitivismo, que muchos forasteros se han formado sobre La Alpujarra, gracias precisamente a los autores que, como Spahni, han visitado la comarca y han escrito sobre sus gentes, costumbres y tradiciones.


[*] Remerino es la denominación utilizada en muchos pueblos de La Alpujarra, sobre todo de las zonas medias y altas, para referirse a canciones de diversa índole y temática amorosa, normalmente formadas por estrofas y estribillo, que se cantaban asociadas a determinadas actividades tradicionales o festivas, habitualmente a capela, sin ningún acompañamiento instrumental.

ALPUJARRA: Secrète Andalousie [Grabación sonora]

 

 

Carátulas delantera y trasera

 

Texto de la carátula y su traducción al español

Depuis quelques années, l'Andalousie est parcourue par des milliers de touristes; mais ces derniers ne s'écartent que très rarement des chemins battus. Les régions qu'ils ne visitent pas sont pourtant les plus intéressantes; elles abritent d'inestimables trésors et des habitants qui sont les gardiens farouches de traditions plusieurs fois séculaires.

L'Alpujarra[1] est l'une de ces contrées favorisées. Elle doit d'avoir passé inaperçue au fait qu'elle se situe au dehors des grandes voies de communications. Tout entière comprise dans la province de Grenade, elle est limitée au nord par la Sierra Nevada, plafond de la péninsule, et au sud par le littoral de la Méditerranée.

De superficie relativement modeste, l'Alpujarra offre pourtant une variété étonnante de paysages. Le spectacle change à chaque tournant.

A chaque tournant, ce sont des découvertes, des surprises, d'agréables rencontres. Les cultures en étages constituent un décor caractéristique qu'on ne peut oublier. L'eau ne manque pas, qui coule de partout, bientôt soumise, irriguée, distribuée à des milliers de canaux qui descendent, d'étage en étage, pour arriver dans la plaine, ruisseau boueux et rougeâtre empli de toutes les terres de la montagne.

Les villages de l'Alpujarra sont presque tous construits sur une forte pente. Ils montrent une incroyable cascade de gros cubes blanchis à la chaux, étroitement serrés les uns contre les autres, d'aspect mauresque très accusé. Comme en Afrique du Nord, en effet, on y retrouve des maisons aux toits plats, des rues couvertes, de petits ponts reliant une habitation à sa voisine lorsque la voie par le toit n'est pas possible.

Chacun de ces' hameaux constitue une communauté qui vit sur ses propres ressources, ignorant ce qui se passe ailleurs, même dans le village le plus proche. Ces circonstances exceptionnelles ont permis à des coutumes et à des croyances de demeurer intactes à travers les siècles.

L'Alpujarreno est un paysan de la montagne. Les difficultés extrêmes du terrain s'opposent à l'utilisation de machines. Tous les travaux s'effectuent à la main selon des procédés très anciens. Depuis des siècles, ce sont les mêmes habitudes, les mêmes gestes, dans un paysage inchangé, d'une noblesse infinie.

On trouve encore de vieux métiers à tisser dans l'Alpujarra. Les femmes emploient de la laine ou des restes d'étoffes, découpés en bandes longues et étroites; elles font preuve de beaucoup de goût dans le choix et le mélange des couleurs. Les potiers, qui sont nombreux, se servent d'un tour à pied et confectionnent une gamme de jolis récipients dont la silhouette n'a guère évolué au cours du temps. Avec le sparte tressé, enfin, on fabrique des liens, des cordelettes, des sandales, des paniers et des couffes d'un usage quotidien.

En dépit de leur attachement à l'Eglise catholique, les habitants de J'Alpujarra sont superstitieux. Leurs craintes 5e traduisent par la croyance aux fantômes, aux bons et mauvais esprits qui, la nuit, frappent contre les portes et les fenêtres, renversent les meubles et possèdent l'étrange pouvoir de se métamorphoser en animaux. Il est des maisons hantées, d'autres qui renferment d'incalculables trésors. Les grottes recèlent des richesses fabuleuses oubliées par les Maures lors de leur retraite précipitée. Chaque rocher de forme étrange, chaque vallon sombre et retiré, chaque petit lac perdu dans les solitudes glacées est au centre de légendes où des princesses captives, des voyageurs victimes de sortilèges et des rois arabes puissants jouent le plus grand rôle.

Les villages alpujarrenos ont leur patron ou leur patronne dont la fête est le prétexte à des réjouissances qui durent des jours. Processions, grand'messe, carrousels, feux d'artifice, bals en plein air marquent ces joyeuses ferias où l'on boit et où l'on mange plus qu'à l'ordinaire.

On sait la place prépondérante qu'occupent la musique et les chants dans le folklore espagnol. La musique andalouse - le flamenco comme on l'appelle à tort dans nos régions - s'est pourtant répandue davantage que les autres à l'extérieur comme à l'intérieur du pays. A ce mot de flamenco on substituera celui de Cante Jondo (chant profond) qui réunit, lui, les types les plus représentatifs de l'art vocal andalou. .

Ce Cante Jondo n'est pas inconnu des habitants de l'Alpujarra; il ne représente cependant pas le folklore authentique de cette attachante région. Car la musique traditionnelle alpujarrena présente des caractéristiques qui en font quelque chose de très particulier dans un pays partout ailleurs dominé par le Cante Jondo. Il faut chercher dans l'histoire, semble-t-il, l'explication de ce fait étonnant.

Après la chute du royaume de Grenade, en 1492, les Arabes ne disparurent pas d'up coup de la scène européenne, comme on serait tenté de le croire. En très grand nombre, ils se réfugièrent dans l'Alpujarra, constituant un formidable noyau de résistance qui, pendant près de cent ans, allait tenir tête aux rois catholiques. Philippe II n'en vint à bout qu'avec beaucoup de peine et non sans que des massacres aient flétri les armées des deux côtés de la barricade. Lorsque les Arabes furent définitivement expulsés, ils laissèrent derrière eux un pays en ruines et privé de ses habitants. Les souverains espagnols décidèrent alors de repeupler l'Alpujarra. Ils le firent non point avec des Andalous mais avec des Espagnols de Galice, de Léon et d'Extrémadoure. C'est ainsi qu'en l'année 1576 arrivèrent du nord et du centre de la péninsule des centaines de familles pour s'installer dans les lieux qui leur avaient été assignés, changeant du jour au lendemain de cadre montagneux et de climat. Ces populations apportèrent avec elles leurs coutumes, leurs légendes et leur folklore. C'est la raison pour laquelle nous trouvons aujourd'hui, dans la musique de l'Alpujarra, des éléments propres à celle des contrées du nord et d'autres qui viennent directement de l'art vocal andalou.

Jean-Christian SPAHNI

Desde hace algunos años, Andalucía ha sido recorrida por miles de turistas, pero estos no se han salido casi nunca de los circuitos habituales. Sin embargo, las zonas que dejan de visitar son las más interesantes porque albergan tesoros de valor inestimable y porque la gente que las puebla son fieros guardianes de sus tradiciones multiseculares.

La Alpujarra[1] es una de estas comarcas favorecidas que ha pasado inadvertida porque está apartada de las principales vías de comunicación. Comprendida íntegramente en la provincia de Granada, queda delimitada al norte por Sierra Nevada, techo de la península, y al sur por el litoral mediterráneo.

A pesar de que su superficie es relativamente escasa, La Alpujarra ofrece un paisaje sorprendentemente variado. El espectáculo cambia a cada paso.

A cada paso surgen hallazgos, sorpresas y encuentros agradables. Los cultivos aterrazados constituyen un decorado característico imposible de olvidar. No falta el agua, que fluye por doquier y se encauza enseguida para regar a través de miles de acequias que van descendiendo de plano en plano hasta llegar en la llanura al arroyo fangoso y enrojecido cargada con con todas las tierras de la montaña.

Casi todos los pueblos de La Alpujarra están construidos en laderas de pendiente pronunciada. Aparecen como una cascada asombrosa de grandes cubos encalados que, estrechándose unos contra otros, presentan un aspecto morisco muy acusado. Al igual que en el norte de África, encontramos edificios de techos planos, calles cubiertas y pequeñas pasarelas que unen casas vecinas cuando no es posible el paso a través del terrado.

Cada aldea constituye una comunidad que vive de sus propios recursos, ajena a lo que sucede fuera, incluso en las poblaciones cercanas. Estas condicones excepcionales han permitido que las costumbres y creencias se hayan mantenido intactas a lo largo del tiempo.

El alpujarreño es un labriego de montaña. La extrema dificultad del terreno no permite el uso de maquinaria. Todo el trabajo se realiza a mano siguiendo rutinas muy antiguas. Durante siglos se han seguido los mismos hábitos, los mismos principios, en un paisaje permanente de infinita nobleza.

Todavía se pueden encontrar viejos telares en La Alpujarra. Para tejer, las mujeres utilizan lana o restos de telas cortados en tiras largas y estrechas, mostrando muy buen gusto en la elección y mezcla de colores. Los alfareros, que abundan, se sirven de un torno de pie para elaborar una gama de bonitos recipientes cuyo perfil no ha evolucionado con el paso del tiempo. Por último, trenzando esparto, hacen sogas, cuerdas, sandalias, cestas y espuertas para el uso cotidiano.

A pesar de su fidelidad a la Iglesia católica, los alpujarreños son supersticiosos. Sus temores se reflejan en la creencia en fantasmas, en buenos y malos espíritus que golpean por la noche en puertas y ventanas, vuelcan los muebles y tienen el extraño poder de convertirse en animales. Hay casas encantadas y otras que contienen tesoros inmensos. En las cuevas hay tesoros fabulosos olvidados por los moros en su precipitada huida. Cada roca con forma extraña, cada valle umbrío y apartado, cada pequeño lago perdido en las soledades glaciares, son lugares de leyendas en las que princesas cautivas, viajeros que son víctimas de sortilegios y poderosos reyes árabes juegan importantes papeles.

Los pueblos alpujarreños tienen patrón o patrona cuya conmemoración es pretexto para celebrar fiestas que duran varios días. Procesiones, misa mayor, carruseles, fuegos artificiales y bailes al aire libre marcan estas alegres ferias donde se come y se bebe más de lo habitual.

Es conocido el lugar importante que ocupan la música y el canto en el folclore español. La música andaluza —­el flamenco, como se le llama erróneamente en nuestra tierra— está, sin embargo, más generalizada tanto en el interior como en el exterior del país. La palabra flamenco la sustituiremos por cante jondo (canto profundo) que reúne en sí los tipos más representativos del arte vocal andaluz. El cante jondo no es desconocido para los alpujarreños, pero no es representativo en el folclore de esta fascinante comarca. La música tradicional alpujarreña presenta características que la convierten en algo especial dentro de una zona de folclore dominado por el cante jondo. Parece que es necesario mirar a la historia para encontrar la explicación a este sorprendente fenómeno.

Tras la conquista del reino de Granada en 1492, los árabes no desaparecieron de golpe de la escena europea, como estaríamos tentados a creer. En gran número se refugiaron en La Alpujarra, constituyendo un formidable núcleo de resistencia que hizo frente a los reyes cristianos durante casi cien años. Felipe II puso fin a esta situación con muchas dificultades y con matanzas que dañaron a las tropas de ambos bandos. Cuando los árabes fueron finalmente expulsados, dejaron tras de sí un país en ruinas y despoblado. Los soberanos españoles decidieron repoblar La Alpujarra. No lo hicieron con andaluces, sino con otros españoles de Galicia, León y Extremadura. Así, en el año 1576 llegaron desde el norte y centro de la Península cientos de familias para asentarse en los lugares que les habían asignado, cambiando de la noche a la mañana de hábitat y de clima. Estas gentes trajeron consigo sus costumbres, leyendas y folclore. Por esa razón, hoy en día encontramos en la música de La Alpujarra, elementos propios de comarcas del norte y otros que provienen directamente del arte vocal andaluz.

Jean-Christian Spahni

 

 

Traducción: Jorge García para Recuerdos de Cástaras (www.castras.net).


[1] Jean-Christian Spahni: L'alpujarra: Secrète Andalousie. A la Banconière. Neuchâtel. Paris, 1959.

 

 

 

 

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Fecha de publicación:

11-3-2016

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Última revisión:

3-03-2016